
14 et 15 juillet 2006
Une affiche encore très éclectique pour ce petit festival normand. Tous les styles se sont croisés pendant les 3 jours sous un soleil radieux en journée et dans le froid la nuit tombée. Pas trop dérangeant, la chaleur est là pour profiter de la plage à proximité. Le soir, le vent et l’humidité sont vite oubliés avec quelques épaisseurs et des verres dans le nez. Chanson française, rock, ska, electro, hip hop, dub et métal étaient les ingrédients, trop variés d’un plat mi-chaud, mi-froid, plutôt mitigé. Je me contenterais de vous parler des ingrédients les plus consistants, bien évidemment.
Vendredi 14 juillet La première soirée commence tard, l’apéro s’étant prolongé ! On manque les Georges Leningrad que j’avais déjà entraperçu au Mo’Fo, 15 jours plus tôt. On arrive tout juste pour l’arrivée de Champion et ses G-Strings. Sous ce nom se cache un Québécois multi-instrumentistes et DJ reconnu de la scène Canadienne. Surprise quand on le voit débarquer accompagné de 4 guitaristes et d’un bassiste ! La bonne humeur de toute cette troupe fait plaisir à voir. Leur electro rock est super efficace même si parfois un peu répétitif sur la longueur. Les parties purement instrumentales sont très plaisantes. Après quelques minutes une chanteuse viendra poser son timbre très particulier à la fois groovy et rauque. Pas indispensable, mais une très bonne entrée en matière... Direction la petite tente dédiée à la scène locale, pour applaudir La Référence. L’homme masqué est l’un des pionniers de la scène rock saint-loise. Remarqué notamment sur les deux compilations de Ra n’ Bo Records, sorties en 2003 et en 2005, il a joué dans diverses formations (Bruges la morte, Monte-Carlo Boys...) dans les années 90 avant de ce consacré à son dernier projet. Pour l’occasion, il est accompagné par un guitariste. Très minimaliste, son univers ne sera qu’effloré lors de cette courte prestation. Quelques reprises viendront s’intercaler entre des morceaux plus ou moins improvisés. Une excellente reprise des Go Betweens et Love Bizare Triangle le classique de New Order viendront rappeler les influences du Monsieur. Ces compos persos égratignent quelques figures locales, tandis que les couleurs de la cité préfectorale sont balancées haut et fort, à la Gainsbourg, comme une fierté dénigrée à l’image d’une marseillaise reaggaïsée. Un happening qui n’aura pas été du goût de tous ! Peut mieux faire... Les rappeurs de La Caution ont déjà commencé leur set lorsqu’on arrive sur la petite scène. Rien de bien transcendant dans ce hip-hop de facture trop classique. On ne restera pas longtemps, le temps de reprendre quelques forces avant l’événement de la soirée, la venue des Puppetmastaz. Complètement déjantés, ces allemands se la jouent à l’américaine. On a le droit à un véritable show de… marionnettes ! Car c’est aussi ça qui surprend chez eux : ce rideau suspendu au dessus duquel chantent et dansent de drôles de puppets. Les instrus sont hyper rythmées et les tchatches bien balancées. Le tout est un mélange de hip-hop old school super efficace, à ranger entre Public Enemy et les Beastie Boys. Excellent ! Dur, dur d’enchaîner après une telle déflagration. La tâche revient à Princesse Rotative, DJ caennais qui alternera le bon et le moins bon. Le début de son set tient plutôt bien la route avec des samples tirés de cartoons déjantés ou de BO à la Star Wars, mais après quelques minutes, le son devient plus dark et j’abandonne. Ne parlons pas d’Alec Empire et de son electro-indus. Inaudible et indansable, dommage pour une fin de soirée !
Samedi 15 juillet Le lendemain, on arrive à l’heure pour voir le premier groupe. Il s’agit de Sweek, un excellent groupe belge qui distille un post-rock très agréable, idéal pour un début de soirée. Ils sont six sur scène et vibrent avec le public, porté par les riffs de guitare, la grâce des cuivres (trombone et trompette) bien arrangés, le tout porté par des percus et des basses vrombissantes ! Le résultat est assez hypnotique. Très bonne surprise ! La soirée commence bien, même si on sait d’avance que la fin risque de nous échapper. Petit détour par la petite scène pour voir Final Fantasy. Le projet solo d’Owen Pallett, l’arrangeur musical et le violoncelliste d’Arcade Fire. Le canadien seul sur scène avec son violon accroche tout de suite notre oreille. Impressionnant de maîtrise, il enregistre des boucles avec une pédale sampler, et continue à jouer par dessus, tout en chantant. Parfois accompagné par un batteur discret, il est à la hauteur de sa réputation malgré une nuit blanche pour traverser la France depuis l’Autriche jusqu’à Montmartin. Déchirant, sa pop à cordes mélancolique, nous subjugue jusqu’à la dernière note du rappel. LE concert du festival ! Yann Tiersen, lui aussi dans le public aura certainement apprécié, en spécialiste, avant de monter sur scène à son tour. Ce qui surprend dès les premières notes, c’est ce côté rock qui n’existait pas ou peu chez lui il y a encore quelques années. En effet, le breton est accompagné par backing band plus péchu. C’est plutôt une bonne nouvelle. Viennent aussi se greffer le joli son des ondes Martenot. Fini les morceaux au piano, Tiersen se « contente » de jouer de la guitare, du violon et de l’accordéon. Les parties instrumentales sont de qualités mais sa voix et ses paroles pas toujours à la hauteur. Je ne verrais pas la fin… Pour finir la soirée, on ira jeter un œil sur un groupe au nom intrigant : My Ruin. Ces américains tout droit sortis de Zombies de John Carpenter, sont plutôt surprenant et drôle à voir ! Leur métal ne casse pas des briques, mais leur jeu de scène vaut le détour. La chanteuse est impressionnante et n’hésite pas à venir titiller les fans du premier rang. A voir, mais pas à écouter chez soi. Mais quel contraste entre le post rock de Sweek, la pop de Final Fantaisy et le métal (urbain) de My Ruin ! Il y aurait peut-être quelque chose à revoir au niveau de la programmation pour davantage capter le public...
La, pour une fois, je ne suis pas d'accord Tonio!!!
Mais quelle programmation! Vous avez de la chance les normands!!
beh ton conseil risque d\\\'être entendu mais je crains qu\\\'il y ait des oreilles qui n\\\'entendent pas le même son et qui court vers une autre direction. Parlé de sweek et ne pas parler de son batteur est une hérésie. Faire référence à la référence comme concert réussit, frôle l\\\'indécence partisanne. Entre aperçevoir les georges léningrad c\\\'est dommage, tout simplement. Alors la caution oui classique mais c\\\'est un classique littéraire, je ne suis pas sûr que tu voulai en venir là, tu parlai certainement des rythmiques qui renvoit c\\\'est vrai pas à du hip-hop experimental mais l\\\'efficacité du son et la complémentarité avec les flows des voix est sans égale en france sur l\\\'hexagone(donne moi des noms, ça m\\\'intéresse).
J\\\'aime bien cette idée de donner son avis, chroniquer à la sauvage sur un blog ou ailleurs, j\\\'adore même, là je trouve juste que la lecture pour moi était intéressé sinon je n\\\'aurai pas tout lu, l\\\'évènement est effleuré et la critique pauvre.
Je pourrai en dire autant de ta critique sur la route du rock mais là j\\\'ai pas été au bout , je m\\\'abstien
à plumes
Sebastien, ce blog n'a pas pour vocation de bouleverser la blogosphère ni les critiques rock. Je fais ça pour mon plaisir, avec mes moyens. N'étant pas musiciens, je ne me permettrais pas de critiquer la technique par exemple. Ce que je souhaite à travers ce blog, c'est simplement donner mon avis, forcément subjectif, sur les nombreux concerts qu'il m'est donné de voir. J’accepte volontiers les critiques, inévitables lorsqu’on fait des commentaires qu’ils soient positifs ou négatifs. De toute façon, il est toujours difficile de faire un consensus.
Je souhaiterais quand même de te donner quelques éclaircissements, puisque tu as mal lu ce que j’ai écrit :
- Concernant Sweek, je fais référence aux percus, batterie y compris.
- Est-ce que t’as lu quelque part que « le concert de la Référence était réussi » ? Non, et je ne le pense pas.
- D’autre part, je ne suis pas assez callé en rap pour te donner d’autres exemples. Pour tout te dire, je n’ai même pas fait attention aux paroles. Effectivement, le mot classique voulait dire que les instrus et les tchatches n’avaient rien d’original comme souvent dans le rap français, sauf chez certains qui misent beaucoup sur le côté électro à l’image de TTC ou du Klub des 7.