
Les 29, 30 juin et 1er juillet 2006

Belle programmation pour la sixième et dernière édition du festival Mo’Fo! De plus en plus éclectique, mais toujours indépendant, le festival était marqué par la première apparition française des Silver Jews, la reformation de A certain Ratio et le grand retour de Franck & Walters.
JEUDI 29 JUIN
Premier concert du festival sur la scène Mo’ (la principale) avec les parisiens de Cyann & Ben. Même si j’arrive sur la fin, je m’aperçois que le groupe a bien évolué. Les morceaux sont toujours intimistes mais les mélodies un peu plus pop. Plus de voix et plus de choeurs, pour un space rock influencé par la troupe du label canadien Constellation.
On court, sans attendre, sur la seconde scène (Fo) pour voir les irlandais de The Frank & Walters. La dernière fois que je les avais vus c’était à la Route du Rock, il y a 10 ans, ça ne nous rajeuni pas ! Leur dernière prestation parisienne remontait pourtant à 5 ans, à la Guinguette Pirate ! Premier constat : le son n’est pas super. La guitare est trop stridente et recouvre trop la belle voix du chanteur ! Il manque un petit quelque chose pour que le concert devienne magique. Ils sont pourtant très heureux d’être là et ça se voit, l’ambiance est plutôt à la rigolade. Mais outre le son, certains nouveaux titres peinent un peu à accrocher les spectateurs. Ce qui n’est pas le cas des classiques comme « This is not a love song », « After all », « Colours » ou encore « Tony Cochrane » qui rappèlent au public trentenaire nostalgique son adolescence…
Rapide détour par la scène Mo’, le temps de voir deux morceaux de Why ?, artiste américain signé sur le label de hip hop Anticon. Difficile de décrire son style plutôt novateur. Il tchatche sur une musique instrumentale très electro. Assez agréable à écouter, mais pas grand chose à voir !
Ce qui suivra sera beaucoup plus spectaculaire, et moins reposant pour les oreilles et pour les jambes. Les américains de The Gossip seront la révélation du festival. L’écoute de l’album ne m’avait pourtant pas laissé sur une bonne impression. Ce trio arty et féministe mené par l’imposante et sympathique chanteuse Beth Ditto joue un rock garage funky qui ne laisse pas indifférent. Le son de la guitare est plutôt impressionnant et les rythmiques ultra dansantes. On aura détecté au moins deux énormes tubes imparables ! A voir…
Pour terminer le premier soir, la grosse affiche se nommait Silver Jews. Retour au calme donc avec cette formation américaine qui venait pour la première fois en France ! Acolyte de Stephen Malkmus, l’ex leader de Pavement, le groupe de David Berman fera un concert assez homogène. On retrouve un peu la voix de Stuart A. Staples des Tindersticks, la tristesse de Bonnie ’Prince’ Billy et les mélodies de… Dire Strait, si, si !!! Leurs chansons folk et country très américaines auront fait succomber les fans de la première heure, mais m’auront laissé sur ma faim.
VENDREDI 30 JUIN
Le deuxième soir, on a l’occasion de revoir les bordelais de Friction après leur excellente prestation à la flèche d’or lors de la soirée Ra n’ Bo Records en avril dernier. Comme à son habitude le trio assure. Son électro rock est super efficace.
Suivra le duo franco américain The Berg sans Nipple sur la scène Mo’. Leur musique organique, est assez planante et agréable à écouter, le temps de deux morceaux seulement.
Cette soirée sera très hachée et les concerts vus par bribes.
Petit passage sur la seconde scène pour voir le premier groupe canadien de la soirée : Duchess Says. Un peu dans le même style que The Gossip la veille (elctro rock, voix féminine) en beaucoup moins dansant. Pas envie de rester plus de deux morceaux ! Les seconds québécois à jouer sont les Georges Leningrad. Le groupe complètement déjanté refuse de se prendre au sérieux. Leur univers punk est fait pour déranger et ça marche. Le public apprécie leurs mélodies énergiques et déglinguées. Le dernier groupe de Montréal à faire son apparition ce soir se nomme We are Wolves. Comme la plupart des groupes de ce vendredi, ces jeunes loups distillent un rock teinté d’electro pour un résultat assez peu innovant. A surveiller quand même...
La tête d’affiche du deuxième soir est un groupe culte des années 70 : A Certain Ratio. Difficile de juger sur deux morceaux ! La voix et l’ambiance m’ayant quand même fait penser à Joy Division.
SAMEDI 1ER JUILLET
Peu de concerts pour le dernier soir, football oblige ! Avant le quart de finale de la France face au Brésil, on a le temps de voir la prestation de Tahiti Boy and the Palmtree Family. C’est une famille nombreuse qui joue sur la petite scène Fo, puisque 8 membres se répartissent divers instruments : claviers, guitares, basse, contrebasse, flûte traversière, batterie, etc. Et parmi eux des noms de la scène underground parisienne comme Choc, Poney Poney, Syd Matters ou encore Tanger. Le résultat est mitigé. Les morceaux très arrangés sont souvent très pop, mais partent un peu trop dans tous les sens parfois. Les parties calmes et les chœurs sont souvent très beaux, mais les passages plus rock nous laissent un peu sur notre faim.
Direction l’écran géant situé à l’entrée de Mains d’œuvres pour France/Brésil et les hymnes nationaux. Dans la salle, sont présents les membres de Turzi, Syd Matters, Rodolphe Burger, quelques membres de Friction ou des Married Monk. Les gens sont tendus mais l’ambiance est bonne devant l’excellente prestation des français. Quand Thierry Henry marque son but en deuxième mi-temps, c’est la folie dans salle ! Au coup de sifflet final, tout le monde est heureux et le public part se défouler sur les beats assénés par Zombie. Leur electro rock barré est idéal pour la troisième mi-temps !
Petit détour ensuite sur la grande scène pour apercevoir Eugene Kelly en solo. L’ex membre des Vaselines joue seul avec sa guitare acoustique un folk très posé. Sa voix fait parfois penser à celle de Robert Foster des mythiques Go Betweens.
Turzi prendra le relais pour clôturer les concerts sur la scène Fo. Leur space rock est plutôt jouissif après quelques bières dans le ventre ! Les spectateurs ont l’air d’apprécier ces sons répétitifs et planant qui montent créchendo. Ceux encore à jeun auront certainement plus de mal à accrocher...
Pour définitivement mettre un terme à cette dernière édition du Mo’ Fo, Yaya Herman Düne, co-fondateur avec Benoît Rousseau, rentre sur scène, seul avec sa guitare acoustique. Sa voix tout de suite reconnaissable charmera un public clairsemé, fan pour la plupart.